Les clients doivent parfois attendre 20 minutes avant de passer à la caisse le samedi. Des consommateurs en sont presque venus aux coups au rayon des surgelés pour mettre la main sur des ailes de poulet vendues à bas prix. Avec ses neuf magasins, Liquidation Marie fait courir les chasseurs d’aubaines… qui doivent être « vites sur leurs patins », reconnaît la fondatrice de l’entreprise, Marieve Breton.

Faire ses emplettes chez Liquidation Marie s’apparente un peu à une séance de magasinage chez Winners : impossible de savoir ce qu’on pourra y dénicher, il faut fouiller, mais les chances d’y faire des trouvailles pour préparer le souper ou les lunchs sont grandes.

Voilà comment la grande patronne de Liquidation Marie, magasin qui vend essentiellement des aliments à moitié prix, décrit son entreprise qui comptera bientôt 10 succursales. L’inflation est en partie responsable de l’expansion fulgurante de l’enseigne. En 2024-2025, l’entreprise, fondée en 2012 avec un premier magasin à Saint-Zotique, a ouvert cinq succursales. Actuellement à la tête de neuf magasins, Mme Breton en ouvrira un dans quelques jours à Joliette. Puis, au printemps, Liquidation Marie installera ses pénates à Belœil et à Granby.

Du jus de tomates Heinz à 2,50 $ pour 1,36 litre alors que son prix dans les épiceries peut varier entre 4,25 $ et 6,29 $, des trempettes et du pesto de marque Fontaine Santé affichés à 2 $ chacun ou à 3 pour 5 $, comparativement à un prix variant entre 4,49 $ et 6,99 $ chacun en supermarché. Des offres de ce genre se retrouvent chaque jour sur la page Facebook de Liquidation Marie ainsi que sur TikTok pour informer les clients sur les nouveaux arrivages. Cette grande surface nouveau genre vend essentiellement des produits dont la date de péremption sera bientôt dépassée ou encore des fruits ou des légumes abîmés, moins jolis, qui ne seraient pas vendus dans les épiceries en raison de leur apparence.

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Liquidation Marie, succursale de Saint-Roch-de-l’Achigan

Chaque jour, des cargaisons sont livrées dans les neuf magasins de l’enseigne. La façon d’opérer ? Ce sont les fabricants eux-mêmes qui appellent Mme Breton pour lui offrir leurs invendus. Tantôt une palette de yogourts qui doivent être consommés dans les prochains jours, tantôt des barres tendres ou des céréales dont la date de péremption est déjà passée, ou encore des choux-fleurs ou des céleris un peu abîmés.

« Ils m’appellent et me disent : “Marie, on a deux palettes de yogourt nature, on ne peut plus les vendre dans les grands centres de distribution parce qu’ils n’ont pas 60 jours de date. Les veux-tu ?” C’est aussi simple que ça. »

« Ce sont des produits qui ont été refusés par les acheteurs [les grandes enseignes] et qui se retrouvent dans ma cour à moi. »

Comme chaque jour est en quelque sorte une surprise, pour compléter l’offre et remplir ses rayons, l’enseigne vend également des produits à prix normal, par exemple du pain. Mme Breton assure néanmoins qu’il est vendu moins cher qu’ailleurs.

Elle se permet aussi de saisir des occasions pour vendre d’autres types d’articles comme des chaussettes, des culottes menstruelles et même des radiocassettes semblant sortis tout droit des années 1980.

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Succursale de Saint-Roch-de-l’Achigan de Liquidation Marie

« Vite sur ses patins »

Selon la principale intéressée, un consommateur peut faire une grosse partie de son épicerie dans ses magasins puisqu’on y retrouve à la fois de la viande, des fruits et légumes, des produits laitiers et autres boîtes de conserve. Une seule condition : « Il faut être vite sur ses patins », lance Marieve Breton.

« Je vends vraiment de tout. La différence avec une épicerie conventionnelle, c’est que tout mon stock bouge tous les jours. »

Pour éviter de se déplacer inutilement, les adeptes s’échangent des informations sur la page Facebook de l’entreprise. Ils indiquent que le produit est écoulé à l’une ou l’autre des succursales. S’ils reviennent de faire des achats, ils donnent des informations sur le temps d’attente à la caisse.

Un produit peut disparaître en quelques heures à peine. Et il n’y a pas de limite de nombre d’articles par client. C’est premier arrivé, premier servi. Il faut à tout prix écouler les stocks rapidement. Résultat, les clients jouent parfois du coude comme cette fois où ses magasins offraient des sacs d’ailes de poulet à 10 $. « Les gens se sont quasiment battus… », raconte-t-elle.

Et la pression pour ouvrir plus de magasins se fait sentir. Marieve Breton reçoit sans cesse des demandes de la part de consommateurs qui souhaiteraient que le supermarché à l’enseigne rouge s’installe dans leur ville. Pourquoi un tel succès ? « Les gens n’ont plus d’argent, répond-elle sans détour. Concrètement, c’est sur le panier d’épicerie qu’on peut économiser. Notre paiement hypothécaire ne bouge pas. Notre paiement de voiture ne bouge pas, nos assurances ne bougent pas. Ce sont tous des paiements qui sont fixes. »

Parallèlement, rappelle-t-elle, le prix des aliments augmente. « Le bœuf, c’est rendu quasiment un lingot d’or. Ce n’est plus achetable. »

Voilà pourquoi des offres permettant de se procurer trois paquets de céleri pour un total de 3 $, par exemple, trouvent preneur dans ses magasins. Il y a bien sûr des gens dans le besoin qui consomment chez elle, mais pas uniquement. Des consommateurs de toutes les classes sociales s’y rendent.

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Des paquets de céleri en vente à 3 pour 3 $ dans la succursale de Liquidation Marie

« Pourquoi on irait payer le gros prix pour un pied de céleri ? Ailleurs, tu vas le payer 8 $, chez nous, tu vas le payer 1 $. Tu vas arriver aux mêmes résultats. Tu arrives chez toi, tu fais des portions, tu le coupes, tu le transformes tout de suite. Bingo, c’est fait. » À condition bien sûr d’être assez rapide pour mettre la main dessus…

 

Source : https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2026-02-16/liquidation-marie/chasser-les-aubaines-rapidement.php